Les 9 mines d'Or en phase d’exploitation

  • 1 Mines d'or de Kodiéran (Wassoul'or.sa)

    Dernière née des mines industrielles au Mali, elle a été inaugurée le 25 février 2012. La mine d’or de Kodiéran est située à 300 kilomètre au Sud de Bamako, dans le village de Faboula à 52 kilomètres de la ville de Yanfolila (chef lieu de cercle), dans la commune du Gwagnaka et à moins de quelques 15 kilomètres de la frontière avec la Guinée. La mine est sur un permis de 100 km2 dont seulement 1,27 km2 est aujourd'hui en exploitation (carrière ouverte).

    Sur cette superficie de 1,27 km2, il existe un gisement de 42,22 tonnes d'or sur les 82 tonnes d'or mises en évidence et dont l'exploitation durera 8 ans. L'unité industrielle de Kodiéran visitée par la délégation du ministre SY comporte des installations d'une capacité de traitement 11 000 (onze mille) tonnes de minerais par jour à son rythme de croisière. Et aussi un laboratoire de dernière génération dont la construction s’est achevée le 22 septembre 2012.

    De son inauguration à ce jour, la mine a produit seulement près de 74 kilos d'or soit 0,074 tonnes. Les évènements du 22 mars 2012 au Mali ont eu une incidence très négative sur la mine elle-même et aussi, sur la société Wassoul'Or cotée à la bourse de Frankfort. En effet, le retard accusé dans le commissioning (finalisation des installations de la mine sur l'ensemble des phases de la production de A à Z) du fait du départ précipité des expatriés travaillant sur le site a eu pour conséquence le traitement de seulement quelques 1,3 million de tonnes de minerais sur les 33,078 millions de tonnes d'une teneur moyenne de 1,78g/t contenus dans la carrière ouverte. Ce n’est que récemment, le 30 octobre 2012, qu’un seul expatrié a accepté de revenir sur le site.
    Les réserves de la mine restent intactes. La campagne de recherche et d'exploration se poursuit sur le reste du permis. A ce jour, 18 000 mètres de forage a été réalisé. A la mine de Kodiéran, l'or se présente en grain et c'est pourquoi la méthode gravimétrique a été choisie pour son extraction. Une méthode basée sur la gravité pour extraire l'or. Cette méthode exclut l'usage de produits chimiques (cyanure). Même pas de dynamite pour l'extraction et le chargement du minerai que se font à l'aide de pelles hydrauliques. Il n'y a donc pas de problèmes environnementaux à la mine de Kodiéra qui traite 98% de son minerai par gravimétrie.

    La mine de Kodiéra est la seule mine industrielle dans laquelle la majorité du capital est détenue par le Mali. En effet, 75 % des parts sont strictement maliennes dont 20% pour l’Etat du Mali, 55% pour le promoteur, le président directeur général, monsieur Aliou Badara DIALLO. La mine d’or de Kodiéran compte 378 employés Confrontée à un crucial problème de fourniture d’énergie électrique, Kodiéran est demandeur d’une connexion avec le réseau électrique de EDM.SA et pour cause, la ligne haute tension qui alimente la mine d’or de Kalana passe à moins de 7 km du site de la mine de Kodiéran. Wassoul'or est en négociation avec l'administration minière en vue d'alléger sa très lourde facture d'énergie.
  • 2 La mine d'or de Kalana (Somika.sa)

    Elle est la première mine industrielle mise en service au Mali en 1985. Le permis représente une superficie 387 km2. Elle est située à moins de 7 kilomètres du site de la mine Kodiéran (voir plus haut). La mine a plusieurs fois changé de partenaires. Elle est restée à l’arrêt de 1991 à 2004, après six ans d’exploitation par la société Sogemork. Aujourd’hui elle est la propriété de la société Avnel Gold Mining Limited, partenaire majoritaire à 80 % de la société Somika.sa, les 20% appartenant à l’Etat malien. En août 2009, Avnel a signé un contrat de partenariat stratégique (joint-venture) avec la société IamGold, principalement pour la recherche et le développement de la réserve. Ledit contrat entre les deux sociétés porte sur un investissement de 11 millions de dollars. Mais, ce jour (septembre 2012), IamGold a déjà investi 27,4 millions de dollars.
    Ceci est un signe évident de l’espoir que suscite encore la mine de Kalana. En effet, les recherches devraient aboutir à la découverte de nouveau minerai et une production de deux (2) millions d’onces. Les réserves prouvées seraient, selon Somika.sa de 3 047 000 tonnes de minerai avec une teneur de 10,2g/t soit l’équivalent de 981 000 onces c'est-à-dire 30,5 tonnes d’or. Dans sa phase actuelle, Kalana produit en moyenne seulement quelques 360 kilogrammes d’or avec des pics de 700 kilos en 2006, 2007 et 2008. Même à l’époque de la Sogemork la mine n’avait atteint ce niveau de production. De sa mise en exploitation à nos jours, la mine a produit 8 tonnes d’or dont 5,47 tonnes depuis la reprise de la mine par la société Avnel. Elle a rapporté au trésor public malien quelques 45 milliards FCFA.

    Au cours des 10 premiers mois de l’année 2012, la mine de Kalana a produit 350 kilogrammes d’or. Les équipements miniers à Kalana sont souvent inadaptés et leur vétusté ralentit le rythme de la production, affirme un haut responsable du ministère des Mines. Les responsables de la mine placent un grand espoir sur les 75 km2 de Fougadian. Ceux de IamGold que nous avons rencontrés sur place disent «avoir bonne foi que Kalana sera une grande mine». Et pour cause, à l’époque où Somika.sa s’appelait la Sogemork, les Russes ont construit l’usine sur du minerai d’or. Autrement dit, le site actuel de l’usine sera déplacé, disent les responsables actuels. La Somika.sa emploie 408 employés. Enfin, depuis plus de trois ans Somika.sa attend le reversement par l'Etat de crédit TVA d'un montant de 677 millions FCFA. La question a été soumise au ministre Amadou Baba SY.
  • 3 La mine d'Or de Morila.sa

    Elle est située à environ 280 Km de Bamako, sur la route qui mène à Sikasso (dont quelques 50 kilomètres de piste) dans l'arrondissement de Koumantou, cercle de Bougouni dans la zone dite de Massigui. Le permis de Morila.sa porte le n°1999-21/PM-RM en date du 04 août 1999. Les installations de la mine sont bâties sur 1,252 hectare. Entrée en production en octobre 2000, la mine de Morila devrait fermer en juillet 2013. Le capital de la société Morila.sa est constitué de: 20% pour l'Etat malien, 40% pour AngloGold Ashanti et 40% pour RandGold Ressources, cette dernière société assurant la gestion de la mine. La mine d'or de Morila a été très productive, pour ne pas dire la plus productive des industries aurifères au Mali. En effet, de 2000 à 2013, elle a produit 225,25 tonnes d'or. C'est à dire beaucoup plus que les recherches et autres forages avaient prouvé comme réserves (103,720 tonnes selon les études de départ).

    Au cours des dix premiers mois de l'année 2012, la mine a produit 6,38 tonnes d'or avec un coût de production de 796 dollars l'once. De 2000 à 2013, le coût moyen de production de l'once d'or à Morila a été de 274 dollars. Selon les chiffres fournis par les responsables de la mine, de sa mise en service à fin 2011, la société Morila.sa a distribué à ses actionnaires 665 milliards FCFA dont 133 milliards FCFA de dividendes versés à l'Etat malien. De son ouverture à aujourd'hui (2011), la contribution de Morila.sa à l'économie malienne s'est fixée à un total de 812 milliards FCFA classant la mine au premier rang des entreprises maliennes en termes de chiffre d'affaire (année 2007). Toujours selon les chiffres fournis par la direction de la mine, au moins 48% de la valeur de la mine, soit l'équivalent de 812 milliards FCFA sont restés sur place au Mali.

    La carrière ouverte d'où ont été extraits plus de 200 tonnes d'or a été fermée en avril 2009. Premier pas vers une fermeture définitive annoncée pour juillet 2013. A l'apogée de la mine, la teneur en or du minerai de ladite carrière a atteint un record de 600 g/t. Mais tout ceci n'est qu'un souvenir. Et, aux dires de l'équipe (entièrement malienne) qui dirige la mine depuis 2009, "nous faisons des acrobaties pour rallonger la vie de la mine", dixit Adama KONE, directeur de Morila.sa. Aujourd’hui en effet, deux possibilités s’offrent à la mine de Morila si elle veut exister au-delà de la date fatidique de juillet 2013. La première consiste à retourner dans la carrière, toujours et encore ouverte sur quelques centaines de mètres de profondeur. Après autant de tonnes d’or qu’elle a crachés, il a été prouvé qu’elle retient encore dans ses entrailles quelques 3 tonnes d’or. Alors, la direction actuelle de Morila.sa est porteuse d’un «projet d’élargissement de la carrière».

    Toutes les simulations étant faites, ce projet pourrait rapporter au bas mot 12 milliards FCFA aux actionnaires de la mine. Le projet d'élargissement de la carrière devrait couter 15 milliards FCFA d’investissement et sa réalisation ira rallonger la durée de vie de la mine jusqu’en 2014. Avant d’accepter de financer ledit projet, Morila.sa a soumis au gouvernement une demande d’exonération de taxes et d'impôts, condition essentielle à la réussite du projet d’élargissement de la carrière. La date d’avril 2013 est retenue pour le démarrage effectif dudit projet. D’où l’exigence d’une extrême diligence du gouvernement malien à traiter la demande d’exonération de taxes et d'impôts soumise par la direction de Morila.sa. La deuxième alternative qui s’offre à Morila est de retourner aux milliers de tonnes de boue entassée sur 5,36 hectares à même le site de la mine. Il s’agit de la matière déjà traitée et qui était censée avoir été définitivement jetée au temps des vaches grasses de la mine de Morila.

    De la matière traitée au cyanure mais dont l’exploitation est encore possible parce qu’elle contient de l’or dont l’exploitation est rentable au coût actuel de l’or sur le marché. Au moins, 798 000 onces d’or pourraient être extraites de la boue soit l’équivalent de 15,17 tonnes d’or. Si ces deux projets ainsi décrits se réalisaient, la durée de la vie de la mine de Morila pourrait être étendue jusqu’en avril 2021. Il est important de noter que, sur l’ensemble du permis de Morila il n’a pu être prouvé l’existence d’autre minerai d’or. Même après un investissement de 18 milliards FCFA dans des nouvelles explorations et recherches, en vain.

    L’équipe dirigeante a déjà anticipé sur la fermeture de la mine de Morila en mettant sur place, en 2008 «une commission de fermeture» comme l’exige la loi malienne (Code minier). Le coordinateur de la fermeture, monsieur Nouhoum DIAKITE a entrepris d’élaborer et même de financer des projets au profit des anciens travailleurs de la mine et aussi des communautés riveraines de la mine. La mine d’or de Morila employait 866 personnes dont 441 pour Morila et 425 pour les sous traitants. Mais, de la fermeture de la carrière à nos jours, l’entreprise a dû licencier 670 employés. Jusqu’en 2008, la mine a travaillé pendant 1 million d’heures sans enregistrer d’accident de travail invalidant. Et 500 000 heures de plus (2011) sans accident.

    En 2012 la mine compte 312 employés mais en 2015, ils ne seront plus que 152 employés. La fin de règne de ce colosse de l’industrie aurifère que fut Morila est également caractérisée par un redressement fiscal de l’ordre de 5,6 milliards FCFA infligé à la mine. Une affaire en cours de traitement avec le gouvernement malien à travers les services du fisc.
  • 4 Mine de Syama (Somisy.sa)

    La mine d'or de Syama est située dans le village du même nom, à quelques 350 kilomètres au sud de Bamako, dont une piste rurale d'une centaine de kilomètres à partir de Kadiolo (chef lieu de cercle), non loin de la frontière avec la Côte d'Ivoire. Un programme de l'ONU au Mali en rapport avec la DNGM (direction nationale de la géologie et des Mines) a permis de la découverte de la mine de Syama en 1985. BHP-Utah acquiert la mine en 1989 et commence à l'exploiter en 1990 jusqu'en 1996.

    La société RandGold Ressources rachète la mine avec BHP-Utah et l'exploite jusqu'en 2001. Mais pour des problèmes d'ordre essentiellement technique, la mine est fermée en 2001. En avril 2003, l'australienne Resolute Mining Limited signe avec RandGold une option de 12 mois aux fins de rouvrir la mine. En avril 2005, Resolute finalise une étude d'optimisation des ressources de la mine et l'acquiert définitivement. L'étude de Resolute met en évidence des réserves de minerai de 66 579 779 tonnes contenant 200, 108 tonnes d'or soit l'équivalent 6 433 722 onces d'or. C'est à dire beaucoup plus que les études menées avant, d'abord par BHP (77,759 tonnes d'or) puis par RandGold (80,869 tonnes d'or). La société Resolute a rouvert la mine en 2009. Sous Resolute, la mine de Syama a produit 11,72 tonnes d'or de 2009 à aujourd'hui.

    Au cours des dix premiers moins de l'année 2012, Syama a produit 4,6 tonnes d'or. De sa mise en service en 1990 à 2012, la mine de Syama a produit au total 56,68 tonnes d'or. Cet or a été extrait d'une carrière à ciel ouvert qui atteint aujourd'hui 1,4 km de longueur, 1 km de largeur et 440 mètres de profondeur. La durée de vie de la mine de Syama est de 15 ans, c'est à dire jusqu'en 2024. Le reste du minerai en réserve est estimé à 47 970 000 tonnes soit l'équivalent 144, 388 tonnes d'or. Le coût de production de l'or à Syama est de 720 dollars/once. Les installations actuelles de l''usine ont une capacité de traitement de 250 000 tonnes de minerai par jour.

    La capacité électrique installée est de 27,3 Mgw. Mais, compte tenu du coût de fonctionnement élevé de la centrale (27,3 Mgw), la mine de Syama envisage une interconnexion avec la Côte d'ivoire. Le coût de cette interconnexion est estimé à quelques 49 millions de dollars. En vue de minimiser les difficultés de ravitaillement en eau de la mine, les responsables envisagent d'investir 13,6 millions de dollars dans un projet de ravitaillement en eau à partir du fleuve Bagoé distant de plus 40 kilomètres du site de Syama. L'effectif actuel de la mine de Syama, y compris les sous traitants, est de 1 372 employées dont 139 expatriés, 1 037 employés maliens permanents et 196 employés maliens temporaires. Sur les 27 membres de l'administration de la mine, 23 sont des Maliens et la proportion entre géologues maliens et expatriés est de 25 maliens pour 4 expatriés.
  • 5 GoldFields (Komana)

    GoldFields est un géant de dimension mondiale. Mais, il arrive au Mali seulement en 2009, attributaire de plusieurs permis de recherche d’or. Notamment dans.la zone de Yanfolila où GoldFields déteint 8 permis de recherche et dans la zone de Kanagaré constituée de 11 permis de recherche. A Yanfolila, GoldFields hérite du site de Komana découvert entre 1992 et 1996 par un autre géant, BHP-Utah.

    L’entreprise North puis la société Glencar mène les travaux géologiques. Mais Glencar est durement frappé par la crise financière internationale de 2009. Alors, Glencar signe une JV avec GoldFields qui poursuit les travaux de recherche sur le site Komana. Il s’agit en fait d’un projet, dit Projet de Yanfolila dans un rayon de 25 kilomètres où ont été identifiés 5 gisements qui sont : Komana Est, Komana Est, Kalaya Sud, Gonka et Sanioumalé. Sur ces différents sites il a été prouvé l’équivalent de 2 millions d’onces soit 60 tonnes d’or.

    Le premier lingot est censé sortir en 2015 et l’exploitation durera 9 ans. Komana Est et Komana Ouest regorgent l’essentiel des réserves. Les 25 kilomètres de rayon de la future mine de Komana recouvrent une multitude de villages. Des villages de tradition d’orpaillage très ancrée. Le moins que l’on puisse observer sur place est que la cohabitation avec les villageois n’est pas des plus paisibles. Les chefs de villages réunis autour du ministre Sy dans le village de Bougoudalé ont été clairs à demander de les laisser poursuivre leur activité d’orpaillage. Le permis de Koamana recouvre des terres de culture dont une bonne partie, disent-ils, est submergée par les eaux du fleuve Sankarani après la construction du barrage Sélingué.